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La chute du mur [pv Emilia]

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MessageSujet: La chute du mur [pv Emilia] Mar 8 Mar - 20:11
Je marchais à grands pas la rue, rejoignant l'un des immeubles sinistrés par les récentes attaques de celui que certains journalistes de bas étages avaient d’hors et déjà surnommés le 'plastiqueur fou'. Personnellement je me fichais bien de son nom, de son surnom, ou de quoique ce soit à son égard, je voulais juste le choper et lui faire payer sa propension à jouer les copycats de Jinx, une cinglée explosive était déjà de trop à Piltover alors deux...
Toutes à mes réflexions sur cette enquête, et ce qu'elle m’imposait comme coopération, je n'avais pas fait attention, mais j'étais déjà arrivé au pied de l'immeuble dont nous avions sortis une Aelia dans un sale état, il me semblait des années auparavant. D'un œil morne je jetais un regard sur la porte défoncée à coups de Mercury, puis fut hélée par un pompier de la brigade des incendies qui terminait son rapport sur la bombe qui avait dévasté les lieux, apparemment il avait de nouveaux indices à me communiquer.
Je devisais tranquillement avec le soldat du feu, un peu à l'écart de la carcasse branlante que les équipes de démolitions commençaient à démonter petit à petit tout en essayant de parer l'écroulement complet qui risquait d'ensevelir la rue sous les décombres et de blesser quelques personnes supplémentaires. Lorsque tous ce que ces hommes tentaient d'empêcher arriva. Un cri tinta à mes oreilles, puis toute une série tandis que le secouriste me saisissait par le bras, me tirant à l’abri derrière une grande benne.
La gorge sèche et les poumons en feu à cause de la poussière de brique et de ciment, j'émergeais de la cachette avec mon sauveur qui après s'être enquis de ma santé alla se préoccuper de celle des ouvriers. Prudemment je lui emboîtait le pas, essuyant du plat de la main mon haut de forme qui avait viré au gris brun comme à peut prêt tout dans un périmètre d'une dizaine de mètre. Abandonnant l'idée de le nettoyer pour le moment, je remis mon couvre chef sur ma tête et enjambais un petit tas de briquettes en désagrégations lorsqu'une forme particulière attira mon regard. Perdue au milieu de la désolation siliceuse des gravats, une main reposait.

"Fu...ichtre! Hey!! Les Gars!!! Ici, il y a quelqu'un! A l'aide!"

N'attendant pas la main d’œuvre masculine, je me précipitais dans la direction du blessé, probablement un passant un peu imprudent qui avait marché un peu trop prêt du chantier et n'avait pu éviter l'écroulement du mur sur le trottoir. Je croisais mes doigts intérieur pourqu'il ne soit pas mort et commençais à déblayer à main nue et le plus vite possible, cherchant la tête de ce qui ressemblait de plus en plus à une femme.

"Madame, je ne sais pas si vous pouvez m'entendre, mais je vais vous aider à sortir de là, je suis la shérif Caitlyn, des secours arrivent à toute vitesse..."
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MessageSujet: Re: La chute du mur [pv Emilia] Mer 23 Mar - 0:07
Il est parfois dans la vie, des obligations dont l'on ne peut se décharger, ni déléguer. Le genre d'affaire dont l'importance dépasse le niveau d'insatisfaction engendré par tous les inconvénients de leur accomplissement. En l’occurrence, un voyage fort peu confortable et désagréablement chronophage jusqu'à l'enceinte des murs de Piltover, assurément l'un des endroits ou une aristocrate raffinée, et fort attachée aux traditions telle que Leblanc, avait le moins envie du monde de poser le pied. Moins encore que Zaun, son escale de la veille, bien qu’elle doive admettre qu’il lui faudrait songer à deux fois cette estimation s’il lui venait à devoir séjourner dans les bas quartiers pollués de la charmante cité alliée de Noxus.
Un bruit sec sur le sol, régulier, marquait un tempo léger dans les rues bruyantes de la cité du progrès. La tenue légère de celle qui le portait contrastait avec le décor, mais l’extravagance ne semblait surprendre personne, dans ce monde haut en contrastes, ou le concours semblait être à celui qui parviendrait à dénicher la tenue la plus excentrique. Au moins, son regard n’avait pas à souffrir des irritantes attaques de couleurs bien trop prononcées et dissonantes, comme c’était la mode à Zaun.

« Pittoresque » lacha-t-elle avec acidité en guise de simple et  unique commentaire, en levant les yeux sur les immeubles et structures avant-gardistes qui l’entouraient.

Pénétrer l’enceinte de la ville n’avait pas été bien compliqué. Si la maitresse des malices avait son don pour le mensonge et la tromperie, elle n’avait guère eu à utiliser ses talents cette fois ci, tant les règlementations au passage de la frontière étaient laxistes. Il aurait été raisonnable de penser que deux cités dont la rivalité n’avait d’égal que le contraste auraient quelques restrictions plus importantes concernant leur passage de l’une à l’autre, mais il semblait au final apparaitre que la proximité géographique comme l’intérêt des avancées dans les recherches les rapprochaient plus que le tout-venant aurait pu présager.

Emilia avait beau ne pas être le dit tout-venant, les choses lui étaient apparues plus simples que dans les nombreuses prévisions qu’elle avait pu faire concernant son arrivée jusque-là. Ce qui n’enlevait rien au côté parfaitement ennuyeux du voyage, cela-dit, mais avait au moins l’avantage de ne pas lui avoir fait perdre plus de temps que nécessaire. Un atout majeur, quand on savait les raisons l’amenant ici, et à quel point le temps pouvait être compté lorsqu’il s’agissait d’histoires impliquant l’Institut, supposé représenter la justice, l’égalité et la neutralité, mais qui s’avérait au final être l’une des institutions les plus corrompues ayant pu exister à travers l’histoire de Valoran. Parfaitement du goût à faire déplacer la matrone de la Rose Noire elle-même.

Il semblait qu’ils soient parvenus à des sommets dans leur idiotie, cette fois-ci. Un ancien invocateur, des idées bien étranges, des secrets, et de la magie interdite. Une recette des plus détonantes, et la Rose Noire représentait la cerise sur le gâteau. Il ne manquait plus que quelques informations, qu’elle espérait en possession de la rigoureuse, flegmatique et aussi rigide que facile à prévoir, shérif de Piltover, Caitlyn.
Celle-ci s'avérait involontairement plus difficile à trouver que prévu, pour la matrone de la Rose. Si celle-ci connaissait bien les dédales de souterrains, et pouvait se targuer d'être l'une des rares personnes incapable de se perdre dans le réseau de labyrinthes souterrains de Noxus, elle n'était guère habituée à la disposition des rues d'une telle cité, et des bâtiments s'élevant vers les cieux au lieu de s'enfoncer dans le sol. Pour une personne la personne bien solitaire qu'elle était, cette animation et cette agitation étaient pénibles, et lorsqu'elle eut enfin trouvé le commissariat, ce fut pour qu'on lui annonça l'absence de la personne désirée.

Elle retint un long soupir, et refusa avec un certain agacement la proposition de patienter dans la bruyante salle d'attente, au milieu de plaignants incapables de prendre leurs propres soucis en mains. Au lieu de cela, elle se contenta de soustraire habilement les informations concernant le lieu ou pouvait bien se trouver la shérif, partant à sa rencontre sans plus tarder. La croiser en dehors d'un cadre de bureau, ou elle aurait été dans son élément, et bien à ses aises, arrangeait Emilia. Il serait plus facile de la déstabiliser et de lui prendre des informations sans même qu'elle s'en aperçoive en la croisant par "hasard" dans un lieu différent.
Même si cela signifiait de s'aventurer de nouveau dans ces rues. Après tout, il était nécessaire qu'elle apprenne à s'y repérer, pour éliminer ce problème par la suite. Un problème, une solution, qui serait conservée pour bien de nombreuses années à venir en héritage...

Un grondement sourd attira son attention, vers le haut. Ses yeux d'ambres se levèrent instinctivement, mais ne croisèrent que le ciel, de prime abord. A son habitude, ce genre de bruit signifiait le risque d'effondrement d'un tunnel, ce qui la déstabilisa l'espace d'une demi seconde. Avant qu'elle ne réalise qu'il s'agissait du bâtiment, dont les fondements s'ébranlaient.


« Allons bon », soupira-t-elle intérieurement, en constatant qu'elle n'aurait pas le temps de se mettre à l'abris. Le réflexe d'un humain normalement constitué aurait sans doute été de courir, tenter de s'éloigner, malgré que ce soit parfaitement inutile. Au lieu de cela, Emilia eut celui de créer sans même y penser un sort protecteur au dessus d'elle. Bien sûr, ce n'était pas son domaine fort, et celui-ci ne serait jamais assez puissant pour contenir un tel effondrement. Mais c'était tout ce qu'elle pouvait faire durant la fenêtre d'un instant qu'elle avait pour réagir. Avec un peu de chance, cela lui permettrait de ne pas être entièrement broyée sous la pierre...

Prise dans un étau.
Elle avait l’impression que sa tête allait exploser sous la douleur, privée de toute lumière du jour, sans que ne s'arrête cette sensation comprimante, étouffante, qui l'empêchait de respirer. Autour d’elle, tout n'était que noir profond, excepté au loin, un point lumineux diminuait rapidement d’intensité, comme s'éloignant rapidement. Elle tendit les bras, comme pour essayer de le rattraper, de retenir cette lumière qui disparaissait rapidement… Mais au final, était-celui qui s'éloignait, ou elle qui chutait ? Elle regarda tout autour d’elle. Dans le vide infini, y avait-il un haut, un bas, pour savoir qui tombait ? Tout ce qu’elle voyait, c’est que ce point s’éloignait, et allait bientôt disparaitre. C’était mauvais, très mauvais. Elle ne savait pas ce que cette lumière représentait, mais elle était importante, il ne fallait pas la perdre… pas la perdre…

Ne pas perdre quoi ? Il n’y avait plus rien, ici. Plus rien que le noir, le vide, qui l’entourait, dans lequel elle flottait, non, sur lequel elle était comprimée, sans qu’elle n’attende plus rien. La réalité n’avait plus de sens, et si elle ne savait pas comment elle avait atterri là, il ne lui venait même pas a l’idée de se poser la question. Le temps lui-même semblait figé dans cet espace vide, à moins au contraire qu’il ne défile plus vite… Quelle importance ? Seule l’angoisse l’habitait, l’angoisse du vide, extérieur, et intérieur, qui l’habitait. Et puis, lentement, l’étau qui l’enserrait et l’étouffait disparut.

«... pouvez m'entendre... »


Entendre. Le pouvait elle ? Pouvait-elle se relever ? Elle ne savait pas dans quelle position se trouvait. Pas de haut, pas de bas, seulement une douleur écrasante, et un abîme. Un manque. Quelque chose manquait, quelque chose n'était pas à sa place, l'avait quitté, abandonné, et la laissait seule. Elle ne voulait pas. Elle ne pouvait pas... C'est comme si tout ce qui la faisait s'animer l'avait quitté. Ou es tu...

«  secours arrivent... »


Etait-elle en train de mourir ? Elle ne parvenait même pas à se souvenir de ce que cela signifiait… Mais même sans savoir pourquoi, ces mots lui insufflèrent de la volonté. Elle ne mourrait pas. Ce n'était pas l'heure, loin de là. Pas encore l’heure… Lentement, Evaine se redressa.

Elle était debout sur une eau calme, dans un espace de lumière blanche, ou l’horizon se confondait avec l’océan. Le vent soulevait légèrement ses cheveux, mais seul le bruit de ses pas, qui répandaient quelques ondes autour d’elle, venait percer le silence dans ce désert perdu entre ciel et mer, hors de l’espace, hors du temps. Elle ne parvenait pas à apercevoir son reflet, cependant. Elle savait qu'il était là, pourtant, simplement elle ne pouvait le voir. Ne pas voir ce qui était devant elle ? L'idée lui semblait si étrange... Pourtant, son esprit était clair, lumineux même. Aussi pur et cristallin que l'eau sur laquelle elle se tenait debout, mais pourtant incapable de voir qui elle était.

Parfois, des murmures lui parvenaient, très lointains. Elle devait tendre l’oreille pour les entendre, parvenir à percevoir ce souffle venu d’un autre monde, d’une autre dimension, des sons produits auprès de son corps dont elle n’avait plus conscience. Mais malgré ses efforts, elle peinait à comprendre plus que quelques simples bribes éparses, perdues, comme chuchotées depuis le ciel.

Le ciel tournait parfois à l'orage. Le vent se faisait plus fort, la fouettait, la balottait, tandis que de larges vagues se dressaient, venant la percuter, déchainées avec violence. Dans ces moments là, elle ne pouvait que fermer les yeux, se resserer sur elle-même, et attendre que les éléments ne se calment, et ne reprennent leur torpeur habituelle. Peu à peu, elle comprenait qu'il ne s'agissait là que des manifestations de son propre corps, meurtri quelque part, dont elle ne pouvait percevoir les sensations, mais simplement leur matérialisation dans ce monde ou elle s'était refugiée. Depuis combien de temps, désormais ? Depuis combien de temps s’était-elle perdue ici ? Cela faisait-il une seconde, un jour, un mois, ou bien même des années ?, Ellle n'en savait rien, absolument rien. Aucune notion du temps, mais la paix et le calme qui y régnait étaient si reposants qu’elle ne s’en souciait pas.

Et puis soudainement, le sol s'ouvrit sous ses pieds, la happant, l'entrainant, avant même qu'elle n'ait pu le réaliser. Il n'y avait rien auquel se raccrocher, autour d'elle, qu'un vide brulant. Des sensations l'envahissaient soudainement, brulantes, douloureuses, déchirantes. Sa tête lui faisait mal... horriblement mal. Et de nouveau, ce manque revenait. Ce manque qu'elle avait fui en se cachant dans ce monde si calme, si pur, qui lui était désormais interdit. Pourquoi retournait-elle vers la réalité ? Elle ne voulait pas.
Une lumière vive lui brula les rétines. Elle cligna des yeux quelques instants, pour s’y habituer, n’apercevant autour d'elle que des formes floues et des tâches blanches et lumineuses, accompagnés de petits bruits agaçants. Et ne sentant rien d'autre qu'un corps coincé, douloureux, telle une prison étroite dans laquelle on l'aurait enfermée, accompagné d'une belle migraine et d'une gorge aussi sèche et brûlante qu'une paroi de volcan.

Une seule pensée la traversa en cet instant. Fulgurante, intense, violente, et envahissant tout son esprit maladif et perdu
Elle avait perdu son diadème, et devait la retrouver.
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MessageSujet: Re: La chute du mur [pv Emilia] Jeu 7 Avr - 20:44
Perplexe et fatiguée, je marchais de nouveau dans les rues de Piltover vers un lieu que je ne connaissais que trop bien, l'hôpital général. Je n'ai pas pour habitude d'avoir des mouvements d'humeur, mais la bâtisse me tapais un peu sur le système suite à une série d’événements encore bien trop fraîche dans ma mémoire... Décidément, ces derniers temps Valoran était devenu un endroit de plus en plus tendu et dangereux, y compris dans cette ville que je chérissais par dessus tout et dont je m'échinais, parfois avais-je l'impression, en vain, a préserver la sécurité et la tranquillité.
Une fois dans l'entrée, je me fis indiquer rapidement et efficacement l'emplacement de la chambre de la Jane Doe découverte un peu plus tôt dans la journée dans l'éboulement du deuxième immeuble sinistré par le plastiqueur. Si j'en croyais les informations transmisent par les infirmières, elle était dans un état moyen, plusieurs côtes fêlées, de nombreux bleus et contusions, quelques écorchures également, mais rien de vital en somme. Ses blessures se résumaient surtout à des bosses, ce qui compte tenu de l'endroit ou je l'avais repêché était plutôt une chance, ou pas!
Mes yeux se posèrent alors sur l'étrange bâton, sceptre? que je tenais à la main. Je n'étais pas une experte, mais ce genre d'objets étaient généralement détenus par des magiciens, enfin s'il était réellement fonctionnel, l'autre éventualité était que la femme ait simplement trouvé classe de se promener avec ce genre d'accessoire, ce qui à Piltover n'était pas une éventualité si improbable. Dans tous les cas j'allais être fixée très bientôt, la porte de sa chambre se trouvait déjà dans mon champ de vision, et puis, j'avais d'autres questions à poser à cette femme, a commencer par, pourquoi avoir cherché à venir me voir ce matin au commissariat.
Je toquais doucement à l'huis, attendant patiemment une quelconque réponse émanant de l'autre côté, il était fort probable vu l'heure avancée et son état qu'elle soit endormie, mais une fois de plus ce n'était pas sur. Elle avait passée une bonne partie de la journée dans les vapes, peut être désirait-elle profiter un peu de son réveil, bien qu'il ait été assez douloureux si j'en croyais une fois de plus les infirmières. 'Désorienté et possible perte temporaire de mémoire dû au choc.' Je comprenais et pas qu'un peu, a sa place je serais aussi dans tous mes états, mais on ne peut pas dire que ça m'arrangeais, une mystérieuse magicienne insistant pour me voir par les temps qui couraient, avait le don de piquer ma curiosité au vif, c'était peut être important...
...Ça avait intérêt à l'être, fatiguée par une journée bien trop longue une fois de plus j'avais fait cet immense détour entre le commissariat et l’hôpital plutôt que de rentrer chez moi lorsque le préposé de l’accueil m'avait donné le sceptre, retrouvé dans les décombres par les pompiers peut après que la femme ait été emmenée. C'est d'ailleurs grâce à lui que j'avais pu faire le lien entre ma mystérieuse blessée et la personne qui m'avait demandé avec insistance... quelle idée de tirer les vers du nez à un flic, même habillement il fallait s'attendre a ce qu'il s'en aperçoive un minimum.

Un bruit fini par retentir dans la chambre, lassée d'attendre, et un peu méfiante quand à ce qui pouvait bien se passer la derrière, j'avais eut de très mauvaises surprises récemment dans des cas similaires, j'ouvrais la porte, mon bras libre calé sur mon fusil, prête à le relever et a faire feu au cas où!
Au cas où la terrifiante petit cuillère en étain m'attaque violemment à coup de … bref, je venais de faire une entrée un peu vive compte tenue des circonstances. Je m'attirais d'ailleurs un regard étonné de la part de la malade qui devais déjà avoir pris son courage à deux mains pour tenter de manger la moindre portion de ce qui se trouvait dans son plateau repas du soir sur la petite table à côté d'elle.
Humant l'air doucement, je reconnue les arômes inénarrable du choux fleur trop cuits, de la viande de poulet bouillie jusqu'à ce qu'elle rende grâce et un petit fond acide impossible à déterminer, mais qui épiçait encore l’ensemble de ce fumet peu ragoûtant.

"Milles excuses... j'ai entendue un bruit."

Je fis un sourire machinal, me détendis, adoptant une attitude moins martiale, et refermais la porte derrière moi doucement, m'invitant un peu 'manu militari' au sein de cet espace calme.

"Je suis la shérif, Caitlyn, j'ignore si vous vous souvenez de moi, mais c'est moi qui vous ai découverte en premier lorsque vous avez eut votre accident, je venais prendre de vos nouvelles mais aussi vous rapporter ceci."

Je désignais d'un geste bref le bâton et m'approchais d'elle, mon air le plus professionnel sur le visage, j'en profitais également pour la dévisager, mais les écorchures, les yeux rougis par la poussière et les cheveux en bataille ne m'aidaient pas vraiment, et puis je ne la connaissait pas forcément.

"Il a été trouvé dans les décombres peut après votre départ, on l'a fait parvenir au commissariat pour qu'on puisse vous le retransmettre... Un de mes hommes affirme qu'une femme le portant était d'ailleurs venue dans la matinée et demandait après moi... Donc me voici, puis-je connaître votre nom? Si vous êtes trop fatiguée ou trop désorientée n'hésitez pas à me le dire, les infirmières m'ont signalées que vous souffriez de nombreuses contusions."

Je restais à côté d'elle un petit instant, puis me baissais pour récupérer la cuillère toujours au sol et la reposer sur le plateau en attendant que Jane Doe ne reprenne ses esprits, toutes réflexions faites, je venais peut être de lui lancer un peu trop d'informations en même temps au visage, surtout si elle souffrait de pertes de mémoire.
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MessageSujet: Re: La chute du mur [pv Emilia] Mer 27 Avr - 1:17
Le bruit, le bourdonnement, sonnaient autour d’elle comme un chaos agressif et prêt à fondre sur elle en permanence. Elle n’avait qu’à peine la force de cacher ses yeux de cette lumière trop vive, ses oreilles de ces sons trop agressifs. Perdue. Perdue comme une enfant qu’on aurait projetée dans un monde différent du sien, la privant de tout ce qui avait été sa vie jusque-là, jusqu’au souvenir de cette vie.

Mais s’il y a une chose amusante avec la mémoire, c’est que les mécanismes et réflexes bien ancrés ne sont pas si prompt à s’estomper. Même désorientée et confuse, même incapable de souvenir jusqu’à sa propre vie, ses yeux observaient derrière ses doigts écartés, regardant, tentant d’étudier la situation, son environnement, pour pouvoir s’y adapter, s’y fondre, tirer un bon parti de la situation, quelle que celle-ci soit.
Tout autour d’elle la hérissait, voilà ce qu’elle pouvait en tirer. Absolument rien ne lui était familier… Ces appareils fonctionnaient étrangement, et agressaient son corps d’une manière dont elle était bien peu habituée. Ces étoffes sur lesquelles elle dormait étaient… râpeuses, trop fines, désagréables. Même ses narines étaient irritées par l’odeur aseptisée des lieux, qui lui évoquait l’impression de se retrouver là ou des servantes auraient pu être en train de laver des vêtements. Ce qui ne lui semblait pas être sa place.

Mais pire que tout, c’était ce qu’elle pouvait sentir en elle. Comme les piqures de milliards de petits aiguillons, elle pouvait sentir en elle la douloureuse brûlure d’une drogue qui s’écoulait tranquillement dans ses veines, et tentait d’endormir ses nerfs. Ces mêmes nerfs qui, gorgés de magie noire restaurante, luttaient contre cette influence, et lui procuraient un mal de chien, accompagné d’une extrême fatigue. Il lui fallut plusieurs minutes à cligner des yeux, observer, et détailler, pour comprendre qu’il n’avait pas s’agit, comme elle aurait pu croire, d’une piqure unique, mais d’une sorte de poche s’écoulant au compte-goutte en elle en permanence. Un dispositif qui lui évoquait une façon de répandre du poison. Un frisson la saisit lorsqu’elle retira l’aiguille avec précaution, la laissant simplement plaquée sur sa peau sous la bande collante pour donner l’illusion qu’elle y était toujours.

La porte s’ouvrit. Elle ne pouvait pas le voir, mais elle l’entendait. Quelqu’un approchait. Par instinct, elle tenta de se redresser, retombant rapidement la tête contre l’oreiller, maudissant ce corps affaibli qui la laissant sans la moindre défense dans un lieu inconnu.

« Oh, vous êtes réveillée »

La voix ne semblait pas agressive, pas plus que la femme qui s’approcha d’elle, qu’Evaine ne pouvait que suivre d’une paire d’yeux méfiants. Sa gorge était cependant bien trop sèche pour qu’elle puisse refuser le verre d’eau présenté, et le liquide frais s’écoulant jusqu’à son estomac fut le premier soulagement véridique qu’elle put ressentir.
A partir de cet instant, les visites s’enchainèrent. Vérifier des choses, lui poser des questions auxquelles elle était incapable de répondre, faire des théories, prendre des mesures, refaire des pansements. Elle siffla avec agressivité lorsqu’on tenta de remettre sa perfusion en place, refusant tout net, une lueur noire passant à travers ses yeux, suffisante pour faire abandonner l’idée rapidement. D’une façon assez peu naturelle d’ailleurs… elle aurait juré qu’elle avait réussi, l’espace d’un instant durant lesquels ils avaient pris cette décision, à les rendre confus. Sans même savoir comment.

On finit, après quelques heures, par lui présenter quelque chose à manger aussi. Vraiment pas de quoi la mettre en joie. Son estomac lui fit comprendre rapidement, à la simple vue de ce qu’on lui servait, qu’il ne valait mieux pas tenter l’expérience. Mais comme elle comprit rapidement que les médecins ne la lâcheraient pas si elle n’avalait pas quelque chose, elle accepta finalement une sorte de compote légèrement acide, servie dans un petit pot en terre cuite. Un effort déjà pénible. Ses bras étaient faibles et douloureux… Et elle était fatiguée. Après tout, ce lit n’était pas si inconfortable, une fois bien calé dedans. Il ne semblait pas qu’on lui voulait de mal, si ce n’était qu’il lui paraissait être entourée d’ignorants plein de bonne volontés. Elle aurait le temps d’y songer… La fatigue la gagnait tranquillement, et ses yeux se refermaient alors même que sa main était toujours serrée sur le petit conteneur, d’une texture qui lui était plus familière que tout le reste ici, et plus personne ne tournait autour d’elle comme un insecte agaçant. C’était si reposant…
Son autre main s’ouvrit, laissant échapper la cuillère qu’elle tenait. Un léger tintement retentit sur le sol, presque musical… Une note de mélodie au milieu de la douce brume qui l’entourait, et l’emportait avec elle…

Elle sursauta violemment, manquant de lâcher ce qu’elle tenait en main, en entendant ce qui lui semblait presque être une explosion. Clignant des yeux quelques instants pour se remettre dans le contexte… Elle comprit qu’il s’agissait de la porte violemment ouverte en voyant quelqu’un débouler sur le côté de la pièce. Evaine resta quelques instants stupéfaite face à l’arrivante.
Et dire que sa migraine avait à peine commencé à se calmer, voilà qu’elle revenait de plus belle, tel un étau lui enserrant le crâne.

La femme à haut de forme… Son visage lui semblait connu, sans qu’elle ne puisse dire d’où. Quelqu’un d’assez célèbre, il lui semblait. La shérif Caitlyn ? Oui, ça lui parlait.  

« Bonjour, Shérif Caitlyn. Je suis donc à Piltover, si je comprends bien. » dit-elle d'un ton calme qui dissonait avec son apparence secouée, comme si elle s'était simplement trouvée en train de boire un thé.

C’était déjà une information pour la resituer, mieux que rien. Restait à savoir ce qui avait bien pu l’amener ici… Et d’où elle était à la base. Pas du coin, elle en était certaine, Piltover lui évoquait bien peu de choses dans ses connaissances directes.

Cette reflexion n’avait pris qu’un quart de seconde, avant que son attention ne soit attirée par ce que lui montrait l’arrivante. Un grand bâton… Un sceptre, qui se terminait en croissant de lune, un grand cristal d’une couleur mauve terne fixée sur celui-ci. Ca lui évoquait quelque chose. Une certaine familiarité. Elle avait envie de le prendre, elle sentait que sa place était dans sa main, ou à défaut dans le creux de son coude, et tendit le bras pour s’en saisir avec délicatesse, écoutant d’une oreille distraite ce qu’elle parvenait à entendre entre deux battements sourd dans ses tempes.

A peine ses doigts fins s’étaient-ils refermés autour du bois délicatement travaillé, que deux évênements quasi simultanés se produisirent.
Premièrement, le cristal s’anima. Non pas formé d’une seule pierre, mais d’une multitude qui étaient, l’instant d’avant, agglutinées ensemble, ces dernières se séparèrent, et s’illuminèrent, pour léviter en sphère le long du croissant de lune, autour du plus grand de tous, tel des satellites autour de leur planète. Plus de couleur terne, au contraire, les pierres émettaient désormais une légère lueur violine qui semblait pulser depuis leur cœur.

« C’est à moi », conclu simplement Evaine en ramenant le bâton près d’elle.
Ce n’était pas son diadème, mais c’était déjà comme retrouver un ami, un ami qui la rassurait.
Mais à l’instant ou cette démonstration de magie s’était produite, il semblait que les divers appareils reliés au corps de la mage n’aimaient pas vraiment ce qu’ils détectaient. Magie et Hextech faisaient rarement bon ménage, c’est pourquoi il était si délicat de les combiner. Après s’être mis à produire un bruit suraigu et assourdissant, ceux-ci s’éteignirent tout simplement. L’un d’eux produisant même un petit bruit, ainsi qu’une légère fumée, serpentant quelques instants dans l’air avant de s’estomper.
Ce qui fit tout de même froncer le sourcil d’Evaine, qui y jeta un œil circonspect. Trop d’informations en même temps, et sa tête tournaient violemment. Son bras retomba, gardant le sceptre calé contre son coude, avant qu’elle ne referme les yeux, la respiration difficile. Elle n’avait pas oublié les questions de la shérif. Elle n’oubliait rien, ou presque. Simplement, les avait-elle mise de côté pour traiter autant d’informations à la fois qu’elle en était capable –assez peu pour le moment–.

« Je ne me souviens pas. Mais si vous trouvez une réponse, elle m’intéresse », répondit-elle simplement entre deux respirations.

Cela valait pour tout ce que Caitlyn avait pu lui demander. Le ton était poli, bien que l’étiquette noble qui lui était un réflexe ne puisse à ce moment cacher un léger sarcasme, comme une haine dirigée envers l’information qu’elle venait de transmettre.
Néanmoins, sans qu’elle ne le sache, son statut de mage donnait à lui seul de nombreuses informations. Il était facile à comprendre qu’elle n’était pas de Pitlover, puisque les mages n’étaient pas si nombreux après tout. Pas Démacienne non plus, puisqu’elle aurait autrement été envoyée à l’académie de magie et aurait porté des vêtements bien typiques. A vrai dire, rien que la tenue qu’elle portait – poussiéreuse, abimée, et rangée dans un placard mais que Caitlyn avait dû apercevoir avant que l’immeuble ne s’effondre – était à elle seule presque suffisante pour reconnaitre le style de la noblesse Noxienne. Une bourse contenant des Valors frappés du sceau Noxien avait d’ailleurs été posée dans une petite boite, ainsi qu’une enveloppe. Il s’agissait là de toutes les affaires qu’elle avait sur elle – la quantité de Valors expliquant à elle seule pourquoi elle n’avait besoin de rien de plus, et pouvait simplement tout se payer sur place –.
Mais ce n’était pas ce qui préoccupait la blessée à cet instant. Depuis son réveil, la même chose l’obsédait toujours. Elle rouvrit les yeux pour les tourner vers Caitlyn, plongeant son regard dans le sien, comme pour la jauger.

« Merci pour le sceptre. J’ai perdu un diadème. Il m’est très important. Est-ce que vous l’avez retrouvé ? »

Le ton était courtois, et ne contenait que très peu d’émotion. Elle parlait avec un étrange calme, bien que sa respiration soit encore accaparante. Un réflexe, une habitude, un mécanisme bien ancré. Mais surtout, maintenant qu’elle avait ceci en main, elle se sentait bien plus en sécurité. Restait à savoir comment elle pourrait mettre les agaçantes présentes qui l’entouraient à bon profit pour retrouver ce qu’elle avait perdu.


Rien n'est jamais acquis à l'homme, ni sa force,
Ni sa faiblesse, ni son cœur, et quand il croit
Ouvrir ses bras, son ombre est celle d'une croix.
Et quand il croit serrer son bonheur, il le broie.
Sa vie est un étrange, et douloureux divorce.
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