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La résurrection de la Cité-Oasis

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Lord of the Disk
Azir
MessageSujet: La résurrection de la Cité-Oasis Jeu 5 Nov - 23:39
Spoiler:
 

Désormais, nous n'étions plus très loin. Le Disque solaire, flottant comme à son habitude au-dessus de la Cité-Oasis, attisait la curiosité de mes nombreux sujets, le voyant pour la toute première fois de leur vie. Différentes approches, certains n'en croyant pas leurs yeux, d'autres étant juste on ne peut plus pressés d'arriver. Si le voyage avait été difficile, même pour les plus robustes, ils avançaient avec une force renouvelée, tel était le pouvoir du Disque. Maintenant, plus rien ne pouvait nous arrêter, nous étions une force qui ne pourrait plus être mise à mal.
Non, je m'emportais. Rien n'était fait, en réalité. Car il manquait quelque chose d'important à cette ville. Son ancienne végétation et ses champs, indispensables pour nourrir les habitants, élever des animaux, devenir autonomes... Nous pourrions pour l'instant compter sur les caravanes parcourant le désert, mais c'était bien la seule source de nourriture solide à notre disposition pour le moment.
Nous avions bien failli frôler la catastrophe en chemin, en plus de ça. Les plus anciens peinant à continuer, les plus jeunes étant dans le même cas, seuls les plus solides des nomades avaient gardé la force d'avancer et de progresser, mais, le rapport n'étant pas favorable à ces derniers, rapidement, l'avancée avait été ralentie, voir stoppée. Et je n'avais pu me résoudre à laisser ces pauvres gens ainsi. Mes sujets, si l'on m'avait toujours enseigné de les tenir à distance lors de mon règne, je les avais aidés. Invoquant des centaines de soldats de sable, j'avais apporté à chacun un peu d'aide, allant les galvaniser, les rassurer, et j'avais l'impression que sur chaque visage sur lequel je m'attardais, un peu de force refaisait surface. Revoir la lueur de l'espoir dans leurs yeux, eux qui parfois étaient certains de ne pas pouvoir terminer cette difficile marche... Nasus avait pris ma place à la tête du convoi, alors que je m'acquittais de cette tâche. Oui, en un sens, venir en aide à tous ces êtres humains m'avait rapproché d'eux. Si au début ils étaient méfiants, au fur et à mesure de notre progression, leur comportement envers moi avait changé. Je n'inspirais plus chez eux cette crainte de l'inconnu, mais tout au contraire, ils me regardaient avec un mélange de déférence et de bienveillance. Oui, cette marche venait de marquer un tournant, à sa manière. Elle avait fait de moi plus qu'un leader, elle m'avait humanisé à leurs yeux sur le plan moral. Ils avaient constaté que je me souciais d'eux et de leur bien-être, leur promettant un peu de repos une fois arrivé à l'abri dans la Capitale. Je n'aurais voulu troquer cette longue épopée contre rien au monde.

De plus, nous avions aussi récupéré deux autres caravanes près de l'Oasis rouge, alors que sur un conseil de Nasus nous allions reprendre des forces et réhydrater les humains. Désormais, nous étions presque un millier. Il y avait déjà les trois cents membres Nubites, deux cents Vodanins et une centaine d'Urtistaniens. A quoi venaient s'ajouter deux cents Tréviens et une centaine de Hoplons. Ces deux caravanes étaient assez liées, car les Tréviens, éleveurs de bêtes, avaient besoin d'une bonne protection, à la fois contre les bêtes sauvages, et contre les pillards. Les Hoplons, quand à eux, faisaient office de protecteurs, avec leurs grands boucliers de bronze caractéristiques. Ils pourraient sans doute servir de protecteurs aux autres nomades durant l'installation, bien que j'ai cru voir quelques tensions entre eux et les Vodanins. Cependant, je ne pouvais me permettre de perdre ni les uns ni les autres.

Bientôt, je pourrais envoyer chercher les autres caravanes afin d'unifier à nouveau le désert, comme l'avaient fait mes ancêtres avant moi. Bientôt, je pourrais de nouveau me sentir chez moi à la Capitale, vivante et - en principe - unie. J'avais encore nombre de choses à travailler sur ma manière de gérer des vivants, car je n'avais peut-être pas toutes els clés en main lorsque je n'étais qu'un humain. Depuis ce jour où Sivir m'avait éveillé, je n'avais cessé de me remettre en question, à la fois sur ma légitimité et sur ma capacité à assumer pleinement ce rôle de chef. Pour l'instant, tout ce passait comme prévu, mais serai-je capable de prendre des bonnes décisions dans l'urgence ? La doute planait encore, mais je ne pouvais pas me laisser miner par cette possibilité. Mon père m'avait souvent répété qu'un souverain sûr de lui donnait toujours l'impression d'avoir raison. Devais-je suivre son dogme ? Ou hésiter afin de mieux choisir ? Je ne savais toujours pas. Nasus devrait donc bien m'épauler, lui qui avait eu un millénaire pour en apprendre le plus possible sur ce monde qui était pour moi nouveau. Totalement nouveau, même. Je ne pouvais même pas prétendre connaître mon propre empire. Je devrais remédier à cela dans un futur proche.

Je voyais clairement le cratère devant nous, la Cité s'étendait désormais, vide mais toujours aussi merveilleuse, la passe ouest du pont principal face à nous. Partant de là, nous allions pouvoir diviser tous mes sujets en deux groupes, celui des gens "normaux", et celui des nouveaux nobles. J'avais promis aux chefs de caravane de les avantager afin qu'ils conservent une position favorable une fois le mélange effectué, et je me devais de tenir parole. Cela me serait aussi bien plus simple pour les garder à l’œil. Uriel des Nubites, Anil des Vodanins, Aaron des Urtistaniens, Hori des Tréviens et Khéty des Hoplons. Mes cinq premiers nobles. Il me revenait de leur assigner des rôles, et ce rapidement afin de ne pas les laisser en suspens.

Nasus stoppa la marche une fois arrivé au pont lui-même, et je le rejoignis. Élevant la voix, afin que tous m'entendent, je commençait à organiser l'installation.

"Félicitations à vous, nomades de Shurima, et contemplez votre nouvelle Cité ! Désormais, plus rien ne vous sépare de votre nouveau chez-vous, ce pour quoi vous avez bravés le sable, les vents, la soif, la faim et la fatigue, tout ceci est à vous désormais ! Prenez vos marques comme vos ancêtres avant vous, et prenez un repos bien mérité. Je vais conduire les chefs de caravanes, leurs familles et les protecteurs de leur choix à leurs nouveaux quartiers pendant que notre Gardien vous conduira dans les habitations ! Suivez ses instructions afin de procéder rapidement."

Une bonne trentaine de personnes vint me rejoindre, alors que je faisais un signe de tête à Nasus, lui indiquant de s'occuper de tout ce petit monde. Une chose était certaines, ces neuf cents têtes allaient lui prendre du temps et de l'énergie, mais je lui faisais confiance pour gérer ça.
Je me tournais vers mes nobles, les invitant à avancer sur le pont, pavé d'or.

"Je m'en vais vous conduire à vos appartements, maintenant, hauts dignitaires de Shurima !"

A mon tour de reconstituer ma Cité, sous le regard bienveillant du Disque.
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MessageSujet: Re: La résurrection de la Cité-Oasis Jeu 19 Nov - 19:20
Conduire une caravane de prêt d'un millier de personnes dans le désert, je n'aurai jamais cru que cette légende puisse reprendre vie, ni même y assister. Les ancêtres d'Azir, des visionnaires et des conquérants, avaient déjà effectués cette marche vers le disque, unifiant les tribus sous son éclat, créant l'empire de Shurima. Et voici que leur lointain descendant et moi, le serviteur fidèle, le protecteur, voilà que nous reproduisions cette marche harassante pour recréer ce qui n'aurait jamais dut être détruit. Au début j'avais marché derrière, jouant les chiens de berger de ce troupeau disparate de nomades en quête d'un avenir plus grand, et puis... Il avait repris les choses en main, le sable lui même s'était levé pour aider son peuple tandis que je devenais momentanément la figure de prou qui les guidaient le temps que leur nouvel empereur leur montre qu'il n'était pas seulement un dirigeant, qu'il était tout aussi dévoué à son peuple que son peuple devait l'être envers lui.
Je devais reconnaître que j'étais impressionné par ce qui venait d'être accompli, et lorsque le disque apparut, le cratère, la cité, sous les yeux ébahis de ces gens qui avaient parcourus le désert pendant tant d'années sans se douter de la présence de la capitale perdue, je ne pus m'empêcher de sourire au vent qui soufflait sur les dunes, ma maison allait à nouveau être emplie de vie.
Mais ainsi étaient fait mon cœur et mon cerveau que déjà je songeais aux difficultés d'approvisionnement, je n'avais cessé d'y penser pendant notre longue marche et encore aujourd'hui mon bref moment de plaisir fut gâché pas ces pensées. Tant à organiser, tant à faire pour que ce peuple que nous venions de déraciner de son désert puisse vivre, perdurer et se multiplier dans leur nouvelle patrie, cela n'allait pas être évident. Prenez des nomades, offrez leur une cité, et le chaos régnera bien vite si vous n'y prenez pas garde.

Je stoppe au pont, Azir me rejoint, je fais un pas en arrière pour lui laisser la place, pour montrer que je n'étais le guide que le temps qu'il ne revienne, cinq caravanes complètes tournent leur yeux vers lui, tendent leurs oreilles vers ses paroles, les boivent comme ils boiront bientôt l'eau de l'oasis de la capitale.
Je remue distraitement les oreilles en attendant que les nouveaux nobles et leurs familles ne rejoignent Azir suivit de quelques hommes de confiance. Mes pensées fourmillent dans ma tête comme une pluie de comètes ardentes, il faudra des gardes pour le palais, les soldats de sable n'ont aucune volonté, seul leur maître peut animer leurs orbites siliceuses, nous avons besoins de cerveaux pour commander, pour organiser, diriger, penser à l'avenir à construire.
Nous regardons l'empereur et sa toute nouvelle cours qui s'aventurent sur ce pont doré qui mène au palais, mes oreilles remuent de nouveau, je laisse un certain temps passer, attendant qu'ils soient à bonne distance puis je me met face à la foule et brandi ma buveuse pour obtenir leur attention.

"Nomades! Nous allons descendre dans la ville, dans un premier temps, je vous recommande de vous installer le plus prêt possible de la source principale d'eau à savoir le déversoir de la montagne auquel je vais vous conduire. La priorité est de prendre du repos et de soigner ceux qui sont les plus harassés par ce voyage, votre installation dans les anciennes bâtisses encore accueillantes se fera au fur et à mesure. Une fois au déversoir je vous laisse le soin de planter vos tentes, quand aux bêtes et aux troupeaux, je demande à leurs bergers et soigneurs de me suivre, nous les mettrons un peu à l'écart pour leur tranquillité comme pour la notre."

Sans attendre la moindre réponse, de toute manière comment pourrait-il y en avoir une? Je m'élance sur l'ancienne route qui descend en serpentant le long des flans du cratère, dévoilant les restes des maisons qui bordent silencieusement le ruban pavé couverts de poussière. Pour moi qui ai connu cet endroit vivant et peuplé, c'est toujours un déchirement de contempler les ruines de ce qui était jadis si vert et animé. Mais je me souviens et je sais que rien n'est définitif, qu'avec la venue de ces gens il y a une chance pour que mes souvenirs redeviennent le présent. Mais pour eux, que pensent-ils de cet endroit mort et fantomatique, de ces rues désertes parcourues de courant d'airs et de restes de buissons épineux desséchés. Ils sont habitués au désert, à son aridité, mais les ruines que nous parcourons n'ont pas sa grandiose beauté. Heureusement, il suffit de lever la tête vers l'immense disque d'or pour avoir une idée de la splendeur passée de cet endroit et nous encourager à poursuivre notre tâche actuelle.
Une fois au point le plus bas, je mène la file interrompue de personnes et de bêtes confondues au point central et névralgique de cet endroit, la source même de la prospérité de la capitale, la source de tout dans le désert, le point d'eau, le déversoir ou des milliers de litres s'écoulent à la seconde. Tant d'eau, que la population complète d'une ville peut être largement abreuvée, des champs, des jardins pousser pour nourrir cette même cité. Je hoche la tête d'un air appréciateur, les bêtes meuglent à son approche, déjà quelques enfants aventureux ont sauté dans la grande vasque et jouent à s'arroser tandis que des cruches se remplissent et passent de mains en mains, remplissant les gosiers avides d'hydratation. Je laisse ce joyeux capharnaüm se poursuivre pendant un bon moment, inutile de les presser plus, ils ont tous besoin de boire et de s'accorder une pause bien mérité avant de devoir se retrousser à nouveau les manches pour commencer l'installation du bivouac.
En attendant, je me dirige vers les bergers, la plupart sont des tréviens, mais se sont regroupés avec eux les conducteurs de bêtes des autres caravanes, unis par un même métier ce sont pour ainsi dire les premiers à s'être mélangés de bon cœur.

"Je sais que vous devez abreuver les bêtes mais j'aimerai vous mener un peu plus à l'écart à un endroit où vous pourrez monter plus facilement les enclos et les installer confortablement, cela libérera la place à vos compatriotes pour monter les tentes."

Un jeune trévien qui caressait amoureusement sa chèvre, une bête superbe au pelage plus blanc d'une pièce de lin pur, relève la tête soudain et s'adresse à moi une lueur d'incompréhension dans le regard.

"Mais à l'écart ça va être trop dur pour leurs apporter à boire, on est tous épuisés, on doit rester encore pour les bêtes sinon elles vont crever de soif ou nous de fatigue!"

"Keoph! Silence! Ne discute pas les ordres des maîtres!"

Ma tête se tourne vers un homme de grande taille, sans aucun doute le père du jeune ou quelqu'un de sa famille, leur traits sont si ressemblants que l'on dirait la même personne à une bonne dizaines d'années d'écarts, je replace ma buveuse dans ma main d'un geste familier, causant un sursaut chez mes interlocuteurs qui s'attendent visiblement à un châtiment immédiat pour cette insubordination, l'homme pose tout de même une main protectrice sur l'épaule du garçon, sans doute est-il prêt à prendre la faute sur lui.

"Pardonnez mon fils Seigneur Nasus, il..."

Je lève la main pour lui intimer le silence et m'avance vers eux, me baissant  jusqu'à ce que ma gueule soit à la hauteur des yeux du garçon.

"N'ai crainte, je n'ai pas l'intention de laisser vos bêtes crever se soif ni vous d'efforts, mais nous devons nous organiser un minimum pour que tous le monde puisse s'installer au mieux. Maintenant, donne moi ta main, je vais te montrer quelque chose qui devrait te rassurer."

Le jeune homme regarde son père d'un air effrayé mais fini par mettre sa main dans la mienne, je le mène alors, suivi par plusieurs bergers, prêt du déversoir. Je déclenche une petite tempête de sable dans un endroit ciblé, et une fois le nuage retombé, montre les alignements pierreux dégagés par mes soins.

"Voici le départ de plusieurs canaux d'irrigations, ils circulent dans toute la ville, ceux-ci ne sont pas énormes mais il existe de véritables aqueducs et tout un réseau hydraulique qui permet d'amener de l'eau dans absolument tous les lieux de cette cité. Évidement l'un de nos premiers travail important sera de les dégager et de les remettre en état afin que vous n'ayez pas à vous tuer à la tâche pour boire ou donner à boire à vos bêtes. Maintenant regarde dans cette direction."

Ma main armée indique une zone un peu plus loin, rasséréné au sujet de mes intentions le garçon regarde docilement de même que ses accompagnants.

"C'est là bas que j'aimerai que vous parquiez vos animaux. Ensuite, ceux qui ne sont pas encore trop épuisés par le voyage, et moi bien sur, nous dégagerons le canal que je viens de te montrer et qui abouti là bas, apportant toute l'eau nécessaire à vos bêtes. Es-tu rassuré?"

Le jeune Keoph hoche la tête et me sourit il commence déjà à courir en direction du troupeau talonné par sa chèvre, d'un geste vif, je pose ma main sur l'épaule de son père pour le garder prêt de moi un instant.

"Vous avez un bon garçon, l'obéissance est une chose importante, mais pas aveuglément, je n'ai rien contre les remarques pour peu qu'elles soient constructives, bien au contraire. Faire renaître l'empire demandera l'aide et les idées de chacun, et l'empereur, tout comme moi sommes prêt à écouter tous les avis, même ceux d'un jeune homme soucieux pour sa chèvre. Dites-moi quel est votre nom?"

"Tepik monseigneur."

"Bien félicitation Tepik, vous et votre fils devenez officiellement responsables de la gestion des troupeaux, je vous laisse le soin de vous organiser avec vos confrères, de mon coté je vais réquisitionner rapidement des mains pour régler ce problème d'eau, si vous avez des remarques des questions ou besoin d'un appui, venez me trouver je ne suis pas seulement là pour donner des ordres mais aussi pour aider."

Je fais le salut shurimien à mon nouvel aide, qui me le rend complètement bouche bée, puis je tourne des talons et disparaît dans la foule. Je m'accorde un sourire de satisfaction en écoutant la voix de Tepik qui s'élève, l'homme est bien tel que je l'avais jugé, passé son bref moment d'incrédulité, je suis sur qu'il sera efficace et que je n'aurai plus guère à me soucier de la gestion de cette partie de l'installation, du moins pour le moment.

Les feux de camps parsèment le cratère de milles lueurs, jolies étoiles sur le fond ocre de la ville, les humains et les bêtes dorment paisiblement du sommeil de ceux qui ont sués sang et eau pendant des jours pour parvenir enfin au lieu de repos. D'un geste presque humain je frotte l'arrête de mon museau, je dois reconnaitre qu'une certaine lassitude me prend aussi, mais elle est plutôt mentale que physique, mon corps de transfiguré ne connaissant pas vraiment la fatigue. Un soupire s'exhale de mes babines puis je secoue la tête pour me reprendre, m'arrachant à la vue de ce spectacle agréable, mes pas feutrés me conduisent aux portes de la salle du trône, je stoppe un instant.
J'ouvre finalement un battant et pénètre dans ce lieu encore vide, Il est déjà là, de dos, contemplant son trône silencieux, je toussote légèrement pour avoir son attention, et m'incline lorsque son regard perçant se tourne vers moi, nous avons encore tant à faire.
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Lord of the Disk
Azir
MessageSujet: Re: La résurrection de la Cité-Oasis Lun 28 Déc - 16:47
La dernière des cinq demeures nobles se tenait face à moi. Enfin. Je venais de passer un moment plus que pénible à supporter mes nouveaux arrivants, je devais l'avouer. Ce qu'ils pouvaient être pénibles quand ils s'y mettaient, nom d'un chien. Dans ma vie d'empereur, j'avais rarement été autant mis à l'épreuve sur le plan de la patience. Et pourtant, j'étais loin d'être quelqu'un d'impulsif, mais là, je devais avouer que... J'avais failli craquer plus d'une fois.
Hori et Khéty, des deux caravanes qui nous avaient rejointes en cours de route, tenaient absolument à se trouver l'un à côté de l'autre. J'avais bien cru voir deux gamins qui étaient prêts à aller pleurer pour que leurs parents les laissent rester, mais que pouvais-je y faire ? Commencer à les contrarier aurait pu se révêler une grossière erreur de ma part, alors j'avais laissé faire. Ils ne possédaient pas les meilleures demeures, mais ils avaient l'avantage d'avoir un passage direct entre les deux maisons... Ah, je me souvenais encore des deux familles qui jadis avaient vécu à leur place... Deux bonnes têtes de pioche... En fait, tout bien pensé, c'était peut-être dans l'ordre des choses qu'ils reprennent ces deux demeures, hein... Le destin savait être joueur, parfois.
Ensuite, il y avait eu Uriel. Avec un ego grand comme le Disque lui-même, il n'avait cessé de demander la plus grandes des demeures disponibles. Que je lui avais bien aimablement remise, étant donné qu'il s'agissait de celle du grand Argentier, depuis de nombreuses générations lorsque j'étais vivant, et que ce dernier, au vu de sa fortune et de sa capacité à gérer des grosses sommes, ne pouvait disposer d'aucun autre poste que celui-ci. De toute manière, je ne me voyais pas de lui faire confiance sur un autre domaine de compétences. Au moins, là j'étais bel et bien certain qu'il était en terrain connu. Et sur un tel poste, il devait bien être conscient que je comptais sur lui, et avec tant d'importance il ne viendrait sans doute jamais se plaindre d'une position trop inconfortable.
Ensuite, il y avait eu Aaron. Je ne m'attendais pas à des contestations de sa part. J'avais fait ce que j'avais pu pour me souvenir d'une demeure bien placée, proche au possible du palais, il m'avait demandé s'il ne pouvait pas plutôt vivre parmi les siens. Il voulait vraiment renoncer à son privilège afin de continuer sa vie d'avant, certes non plus en itinérance, mais en restant au plus près des siens. Ce que j'avais bien entendu refusé. Il était sans conteste un homme sage et avisé, mais il était aussi détaché de Shurima, d'une certaine façon. Le savoir mon allié, et près de mon palais était un peu un soulagement, de savoir qu'une personne proche ne voudrait pas s'emparer de mon pouvoir et de mes terres. Avec ses cheveux grisâtres, l'homme avait finalement accepté quand Anil s'était intégrée à la conversation. Il avait juste voulu d'une maison plus petite que celle que je lui proposait à l'origine, sous prétexte qu'elle serait pour lui pleine de vide. J'avais accepté sa requête.
Anil était donc la toute dernière. Le hasard n'avait rien à voir là-dedans, puisque j'avais une promesse à tenir à son égard. Avant notre départ de l'oasis où j'avais rencontré sa caravane, j'avais entamé une discussion qui restait encore inachevée. J'avais besoin de calme et de sérieux, et jusqu'à présent l'occasion ne s'était guère prêtée à tout cela. Mais je tenais ma chance, maintenant, de finir ce que j'avais commencé. Il y avait juste ses deux gardes. Oh, ils pourraient bien aller visiter, après tout.

"Dame Anil, voilà donc la demeure qui sera vôtre. Vous ne devriez pas manquer d'espace et vous êtes à mi-chemin entre le pont et le palais. Cependant, pourrions-nous discuter de vous à moi ? Le temps que vos compagnons ne fassent un petit tour du propriétaire..."

Lesdites personnes nous fixèrent lorsque j'évoquais leurs personnes, attendant une quelconque réaction de leur nouvelle dirigeante. D'un hochement de tête, elle les fit partir à l'intérieur. Satisfait, je me tournais vers elle, devant quelque peu baisser la tête afin d'y parvenir.

"Comme je vous le disait avant notre départ de l'oasis, vous me semblez être quelqu'un qui respecte un certain code de conduite. De plus, à contrario de votre prédécesseur, je ne décèle chez vous aucune animosité à mon égard. Comment expliquez-vous ce fait ? J'ai cru comprendre que votre clan n'était pas du type à se laisser dicter sa conduite."

Je l'observais, guettant la moindre de ses réactions. Je devais m'assurer de sa fiabilité, une fois de plus. J'avais besoin d'appuis solides rapidement, mais je ne pouvais pour cela me laisser dicter ma conduite par mes intuitions seules. Et elle restait calme, comme imperturbable. J'enviais le don de lire les émotions des gens rien qu'en scrutant leurs yeux, mais il m'était hélas hors de portée. Alors je devais faire au plus proche. En étant attentif.

"Majesté, que je le veuille ou non, votre venue n'est pas chose anodine. Ma famille est une grande lignée d'oracles, chemin que j'ai volontairement évité parce que je ne croyais pas au destin ni même à la fatalité. Cependant, en vous voyant, à l'oasis, pour la première fois de ma vie, j'ai envié les connaissances de mes ancêtres. L'auraient-ils vu ? J'ai passé ma vie à essayer de faire avancer les choses par moi-même, et je croyais que Turiz ferait un bon candidat, aussi je lui ai laissé ma place pour qu'il devienne chef. Une nouvelle désillusion."

Elle ne semblait pas fière de me raconter ça. Elle était sincère.

"Aussi, je sais une chose. Les humains sont capables du meilleur comme du pire. Et avec ça, comment les reconnaître comme fiables ou non ? C'est une réponse que je cherche encore. Cependant, on en arrive à vous. Vous étiez humain et avez déjà dirigé. Mais surtout, vous avez effectué l'Ascension. Vous n'êtes plus comme nous. Et vous vous souciez de ce peuple autant que je me soucie des miens, n'est-ce pas ?"

je hochais la tête à sa question. Oui, là-dessus elle voyait juste. Je voulais pouvoir soutenir le peuple du désert de toute ma force. Tout comme Nasus.

"Alors vous avez mon soutien. Mes hommes ont confiance en moi, et j'ai confiance en vous. Vous dégagez une aura de confiance, Empereur. Je sais qu'avec vous et le Gardien, Shurima se relèvera et reprendra sa place. Vos directives sont mes objectifs."


Bien. Si tel était le cas, alors je pouvais compter sur elle.

"Dame Anil, en ce cas, j'en viendrais au fait. Je voulais me proposer la tâche de..."

A mon étonnement, elle me coupa.

"J'accepte volontiers cette tâche, Empereur. Je serai vos yeux et vos oreilles en cette ville. Comptez sur moi."

Je restais ébahi, abasourdi par ce qu'elle venait de dire. Comment avait-elle...

"Vous savez, Votre Majesté, vos pensées sont parfois limpides. Vos stratégies faciles à anticiper. Vos décisions logiques. Je suis une femme qui a vu et connu de nombreuses choses, et j'ai pu anticiper vos intentions. Faites juste attention à ne pas trop en dévoiler."

Ses hommes revînrent de leur petite visite, Anil tournant la tête vers eux. Elle me fit à nouveau face, faisant le salut shurimien.

"Merci pour ce présent, Majesté."

Ses hommes l'imitèrent. Aussi j'inclinais légèrement la tête.

"Très bien, alors je vous laisse vous installer."

Je tournais les talon, rentrant vers le palais, encore sous le choc d'avoir été ainsi pris de court.

***

La nuit était tombée. J'étais dans la salle du trône, éclairée par quelques bougies. Un point me faisait du tort, et je voulais attendre mon conseiller pour en parler.
Lorsque j'entendis enfin les batants de la salle s'ouvrir, je me tournais vers Nasus, qui s'inclinait de suite.

"Relève-toi, mon ami. Nous avons à parler. De plusieurs choses."

J'attendis qu'il se soit relevé pour débuter.

"De mon côté, les maisons nobles ont été distribuées. Elles ne sont pas celles qui étaient prévues au départ pour trois d'entre eux, mais ils sont tous logés, désormais. Oh, et j'ai eu une discussion avec Dame Anil, qui m'a surpris. Elle a répondu à ma proposition avant même que je la formule. Elle a argumenté cela en me disant que j'étais prévisible sur certains points, mais cela était dit de manière... Didactique, disons. Nous avions vu juste, elle est un atout majeur."

Je marquais un temps de pause avant de reprendre.

"Tu sais, Nasus, je voulais remettre en place l'ordre des prêtres, avec les cinq Hauts Prêtres à leur tête, mais... Il nous manque leurs objets de pouvoir. Le gantelet de pouvoir, le pendentif, la lunette de vérité, et l'anneau... Encore que l'eau de l'oasis de l'aube soit encore là, mais il va être plus difficile de reformer l'ordre sans ça..."

Mais je changeais rapidement de sujet, ayant oublié de lui demander comment les choses avaient été de son côté.

"Et toi, par ailleurs, comment s'est déroulée l'installation de nos nouveaux citoyens ? Ont-ils pu tous se mettre à l'aide ? J'espère ne pas t'avoir laissé avec un trop gros fardeau sur les épaules, mon ami."

Je l'avais laissé seul avec tant de choses à gérer. J'avais certes confiance en lui mais... Il ne pouvait pas tout accomplir seul non plus. Même nous, Transfiguré, avions des limites...
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MessageSujet: Re: La résurrection de la Cité-Oasis Dim 24 Jan - 16:59
La tête toujours baissée je me relève doucement, puis mes oreilles se dressent prêtes à écouter et mon cerveau prêt à tenter de conseiller, bien que je ne sois définitivement pas à l'aise avec ces nouvelles fonctions qui sont les miennes, tant de changements en si peu de temps... Jusqu'encore récemment je n'avais guère comme compagnie que quelques dunes et le soleil toujours si éclatant du désert, pourtant à présent, ils sont plus d'un millier à suivre et attendre la réalisation des promesses de la créature qui se trouve devant moi.
Je hoche la tête affirmativement lorsqu'il me parle de la réaction d'Anil, cela ne me surprend pas de la part de cette femme, elle est intelligente et a certainement passé une bonne partie de sa vie à mener des hommes et la politique délicate de la direction d'une tribut qui a érigée la force en vertus, alors nos grosses pattes de transfigurés ne doivent pas lui faire bien peur.

"Elle fera un excellent conseiller, si toutefois vous décidez de reformer un conseil dirigeant."

Assurément cette idée avait traversée également l'esprit du rapace, du moins en ce qui concernait les prêtres, je me renfrogne à cette mention, les prêtres... un prêtre en particulier est la cause de tout nos malheurs, même s'il n'était assujetti aux ordres voir ces reliques là renaître n'est pas forcément fait pour me satisfaire entièrement. Je m'accorde un léger soupir, prêt à répondre à cela aussi, mais déjà Azir est reparti sur quelque chose plus dans le présent à savoir la fameuse installation du jour. J’attends un peu pour m'assurer qu'il a bien fini cette fois et toussote doucement pour m'éclaircir la gorge, le son se répercute de manière désagréable sur les murs vides de la grande salle silencieuse.

"Les choses se sont très bien déroulées altesse, à vrai dire à part servir de guide et parfois un peu de juge lorsque de petites querelles ont éclaté à cause d'emplacements, ma participation est restée moindre, ils sont nomades, ils savent bien mieux que moi dresser un camp même temporaire."

Je m'accorde un haussement d'épaules signifiant un peu tout et n'importe quoi, mais en gros que s'il on excepte la partie irrigation pour les bêtes j'étais presque aussi inutile que le fameux cheveux dans la soupe.

"Cependant je peux vous annoncer qu'ils commencent à se mélanger un peu plus, moins au niveau des habitations mais les conducteurs de bêtes ont pour ainsi dire fait alliance, nous avons débuté le dessablage des canaux d'irrigations du bas du cratère pour alimenter le bétail en eau. Je pensais leur laisser un peu de répits demain puis former plusieurs équipes pour en remettre le plus possible en fonction, cela permettra plus de confort au niveau des campements et les encouragera également à s'installer dans les bâtisses encore debout. D'ailleurs je pensais que nous pourrions former aussi quelques groupes pour explorer les ruines en détails, pour commencer à répartir la population un peu partout dans la cité, cela évitera qu'ils ne se marchent trop sur les pieds et si de nouvelles caravanes nous rejoignent nous aurons de l'espace au centre pour les accueillir et..."

Je m'arrête dans ma diatribe, un peut gêné, dois-je vraiment lui faire part de tout les détails et de toutes mes projets pour que ces gens s'installent? Non pas que je ne désire pas partager avec lui les informations mais dans mes souvenirs les conseillers allaient plus à l'essentiel et se chargeaient eux même des menues arrangements nécessaires à l'application des commandements impériaux.

"En résumé les choses se passent bien et j'ai quelques idées pour que la colonisation de la ville se fasse au fur et à mesure, notre principal problème une fois celui de l'eau réglé demeurera cependant celui de l'approvisionnement, puis la réhabilitation des bâtiments... nous aurons besoin d'aide de la part des nouveaux nobles pour gérer cette entreprise colossale Empereur, même deux transfigurés n'ont pas un tel pouvoir d’ubiquité."

Je soupire doucement repositionnant ma main sur ma hallebarde qui commençait à s'échapper de ma poigne.

"En ce qui concerne les ordres monseigneur... je... nous ferrons ainsi que vous le désirez, mais je me demande s'il n'est pas un peu tôt pour y penser, d'autant que comme vous venez de le souligner les objets ont pour la plupart disparus."

Je marque une pause me demandant comment il va réagir à la suite, d'autant que je me sent coupable de ce que j'estime être un manquement à mon devoir de gardien, mais enfin comme je venais de le souligner plus tôt, je ne pouvais pas être partout, garder des milliers d'ares de désert sans que rien ne passe entre les mailles du filet relevait du supplice de Sisyphe. Tel un chiot pris sur le fait en train de grignoter les meubles métaphoriques de l'empire je vais néanmoins jusqu'au bout.

"Hum, il se peut néanmoins que le gantelet ne soit pas perdu pour de bon... un... un jeune homme qui appartient d'ailleurs à la ligue se trouve détenir un objet qui y ressemble furieusement, je n'ai pas eut le loisir de l'interroger, mais… son nom est Ezreal, il se targue d'être un explorateur, et un connaisseur de Shurima, entre autre."
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Lord of the Disk
Azir
MessageSujet: Re: La résurrection de la Cité-Oasis Sam 9 Avr - 16:17
J'écoutais attentivement les paroles de celui que j'avais improvisé mon conseiller. J'étais ravi qu'il pense que mon choix concernant Anil soit le bon, me confortant dans ma vision du nouveau Shurima. D'une façon assez peu explicable, je ressentais la présence d'un doute omniprésent, pesant sur mes épaules. Faisais-je le bon choix ? Toujours, toujours à me poser cette question. Avais-je une vision assez globale ? Ou au contraire, un détail crucial venait-il à nouveau de m'échapper, condamnant mes efforts à être finalement vains ? Non pas que j'en aie marre, car Nasus me le dirait lui-même, sans ce doute, j'irais droit au mur, mais le fait de devoir sans cesse remettre en question mes propres choix devenait douloureux. Comme si une part de ma confiance en moi s'était fait la malle avec ma condition d'humain. Était-ce une conséquence de l'Ascension, ou alors celle de ma longue léthargie éthérée ? Je ne savais réellement pas.

Un léger mouvement de recul de ma tête accompagna ma surprise quand il stoppa de manière assez nette son compte-rendu, plutôt rassurant, sur l'installation de la population dans la Capitale. Je mis un petit instant avant d'en comprendre le pourquoi. Ce "En résumé". Il croyait m'importuner avec les détails ? Je ne le lui avais pas demandé, donc pourqu...

Je me stoppais dans cette réflexion, me souvenant très bien de ma vie d'il y avait 1000 ans. En effet, il était d'usage de ne pas faire de compte-rendu trop complet au souverain. Une tradition, car sinon des journées déjà bien remplies deviendraient interminables... Oui, je me souvenais du pourquoi, à présent. Mais les choses avaient changé, et cette tradition allait elle aussi devoir s'adapter à ce temps nouveau qui s'offrait à nous. Néanmoins, je n'interrompais pas mon conseiller, par respect pour lui, me montrant toujours à l'écoute. Bref, tout ce passait plutôt bien, et les travaux avaient débuté, ce qui était encourageant. Même si, comme le faisait judicieusement remarquer Nasus, nous allions avoir besoin du soutien de nos nouveaux nobles pour mener à bien l'approvisionnement massif que demandait désormais ma belle cité. Je gardais mes idées pour le moment mes idées, le laissant terminer. Il avait raison, cependant, même eux êtres aussi puissants soient-ils ne pouvaient porter sur leurs seules épaules le poids de tout un peuple.

Alors qu'il revient sur les Ordres, je sens comme un peu de contrariété venant de lui. Sans doute l'appréhension, due au passé sombre que nous avons vécu par la faute de l'un d'eux. Xerath était un peu à part, mais il avait au final reçu cette même formation que nos meilleurs prêtres pour devenir le puissant sorcier qu'il était. Je chassais vite les idées noires qui me venaient à l'évocation de ce nom aujourd'hui symbole de trahison. Cependant, Nasus attisa ma curiosité. Ainsi, le gantelet n'était pas perdu, et encore mieux, il était aux mains d'un humain talentueux, si j'en croyais ce qu'on me disait. Quiconque était assez dingue pour se targuer de connaître ma civilisation ne pouvait pas être un homme ordinaire. Il me faudrait le rencontrer un jour, afin de voir s'il était digne de porter cet héritage de Shurima. Même si je n'en avais aucun doute, en réalité. Ce genre d'objet n'était pas utilisable par le commun des mortels. Ceux qui pouvaient s'en servir sans être détruits par leur immense pouvoir n'étaient qu'une poignée. Et quelque chose me disait que le destin jouait encore, en cet instant.

Voyant que Nasus en avait fini, je faisais un geste de ma main libre, comme pour passer sur ses dernières paroles.

"Très bien, alors nous reformerons un peu plus tard l'Ordre des Prêtres, si tu penses que c'est plus judicieux. Et il faudra penser un jour à convoquer ce garçon dont tu as parlé. S'il est capable d'utiliser l'héritage de Shurima, alors... Pourquoi le lui enlever. Je n'ose pas imaginer quels pièges et dangers il a dû vivre et quelles énigmes il a dû résoudre afin d'y arriver. Non, laissons ça de côté pour le moment. Ce n'est pas la priorité."

Voilà qui faisait très professionnel, parler de priorités. Ah, Nasus et son formalisme allaient finalement avoir raison de moi.

"Comme tu le disais, il est important de donner de suite des responsabilités aux nobles. Surtout au Grand Argentier, qui pour l'instant ne dispose que de sa fortune. Je dois encore retrouver la salle du trésor cachée par mon père afin de donner à l'Empire toute sa légitimité financière. Mais autant les motiver à user de toutes leurs relations pour attirer les caravanes marchandes jusqu'à nous. Il sera sans doute plus simple de passer par eux pour les pousser à venir jusqu'ici afin de les rencontrer et de passer des contrats officiels plutôt de leur courir après dans le désert. Je vais écrire un message pour nos cinq nobles, que tu iras leur porter demain matin, afin de souligner l'importance de ma demande. Tu fais un bon messager de crise, et nul doute que devant la puissance de tes coups, ils ne te laisseront pas frapper trop longtemps à leur porte. Essaie par la suite de rassembler quelques travailleurs pour libérer des espaces de vie, aussi."

Je ne savais pas vraiment si l'humour était intégrable dans une discussion comme celle-ci, mais rien ne m'empêchait de m'y essayer. Après tout, je savais déjà que la journée de demain serait éprouvante, alors autant profiter du moment présent pour caler une petite plaisanterie.

"Ah, et aussi, j'irais prendre en charge la supervision des travaux de rénovation des canaux d'irrigation. Je compte même mettre la main à la pâte, pour être franc. Il est temps que notre peuple voie de ses yeux que nous sommes tous concernés, les grands comme les petits. Aussi j'irais porter mon concours à leur labeur. Creuser ne relève pas d'une grande difficulté technique et nos corps étant peu sujets à la fatigue, je devrais m'en sortir."

Je marquais un temps de pause, vérifiant que j'avais abordé tout ce qui était important ce soir. Je commençais à me détourner vers le couloir qui menait à mes quartiers.

"Nasus, retrouvons nous donc pour discuter tous les soirs afin de faire un point régulier sur nos avancées. Il nous faudrait aussi un scribe. Hélas, peu de gens de confiance. Si tu as une suggestion, libre à toi de l'amener demain. Sinon, penses bien à venir récupérer les messages à porter aux nobles demain matin. Je te les laisserai dans mes quartiers, en évidence. Ah, et... Je suis apte à écouter des détails. Pas besoin de me faire de très courts résumés, désormais, je suis... Un Transfiguré, plus un simple humain."

Je faisais un signe de tête au Transfiguré avant de m'enfoncer vers les quartiers royaux. A peine dans ma chambre que je regardais le lit poussiéreux avec un léger soupir de nostalgie, me tournant vers mon bureau de fortune, me mettant à écrire pour les cinq nobles.

***

Je voyais le soleil disparaître à l'horizon et les ténèbres prendre possession des lieux lorsque je renvoyais chez eux les nombreux travailleurs venus participer à la remise en état des canaux d'irrigation. La masse de travail abattue dans la journée me laissant pantois. A cette vitesse, en moins d'une semaine, les canaux seraient en état de fonctionner correctement et d'assurer à la ville de se voir desservie en eau dans sa totalité.

Comme dit la veille, j'avais donné de ma personne afin d'accompagner au mieux les travailleurs, qui avaient montré beaucoup d'enthousiasme à travailler en ma présence, de ce que j'en avais vu. C'était une technique élémentaire de boost mental pour les troupes. Comme les soldats se montraient plus vigoureux lorsque leur souverain menait la charge, ils étaient plus motivés quand il partageait leur labeur.

Pour ce que ça m'en avait coûté, je devais dire que je m'en tirais bien. Les soldats de sable avaient pu facilement être mis à contribution pour les tâches les plus répétitives, laissant les habitants faire des réparations un peu plus techniques. J'en avais reçu des remerciements, sincères, des sourires, qui me rappelaient ce pour quoi je me battais. Un peuple tout entier.

Alors que je passais les portes du palais, qui serait lui aussi à remettre en état un jour prochain, je me demandais comment la journée avait bien pu se passer pour Nasus, et si les nobles s'étaient déjà mis au travail. Les vivres que nous avions étaient issus des réserves de chaque caravane, et nul doute que nous en manquerions bientôt si rien n'était fait pour y pallier.

A ma surprise, Nasus était déjà présent dans la salle du trône à mon arrivée.

"Alors, Nasus, comment s'est passée cette journée ? Les bâtiments habitables sont-ils encore en état ? Oh, et excuse moi pour la saleté, le travail d'aujourd'hui s'est révélé un peu salissant..."
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La résurrection de la Cité-Oasis

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